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Divers

Concours littéraire 2009

83 élèves de 3ème ont participé à la huitième édition du concours littéraire organisé par Geoffrey MILTGEN.
Le 6 février dernier, ils ont composé durant une heure sur l'écriture d'un « petit rien intimiste », en prose, dans lequel ils devaient décrire un moment agréable du quotidien, avec l'originalité pour maître-mot.
Ensuite, Geoffrey Miltgen et Mireille Gravier, professeurs de Français et Président et Vice-Présidente du jury, ont sélectionné 20 textes à soumettre au jury, composé aussi de :

  • Joëlle GARRIGUES, professeur d'Anglais à la retraite
  • Pascale WATRIN, professeur d'Anglais
  • Catherine ROEDER, professeur de Français
  • Christiane DRATWICKI, Marie MARTINEZ et Sandrine MELLE, professeurs de documentation>
  • Lauriane ATHONADY, lauréate 2008 du concours

La remise des prix a eu lieu le jeudi 28 mai à l'Amphi. Les élèves ont été récompensés par des livres et des places de cinéma.

Palmarès

Quelques extraits...
1er Prix : Nuits inoubliables
Il est 21h30. Comme tous les soirs, je m'apprête à vivre un instant magique. Dans l'étagère du salon, je choisis un livre au hasard. Je m'installe dans mon lit et je me plonge dans l'oeuvre. La nuit, tout est calme et c'est, d'après moi, le meilleur moment pour s'adonner à ces voyages aux quatre coins du globe. Le premier chapitre débute, c'est l'avant-goût d'une aventure incroyable ! Magiciens, policiers ou aventuriers en montagne, sous la Terre, dans les airs... L'environnement si sombre et hostile d'une chambre paisible se transforme en monde imaginaire à explorer, ouvert à tous. Les lignes et les chapitres se suivent les uns derrière les autres, les différents personnages me rencontrent : c'est le temps d'une discussion palpitante. Puis, tout s'enchaîne, opposants et créatures malfaisantes me tendent un piège. Ils ont perdu, ou ils ont gagné. Ce n'est pas important. Le plaisir du lecteur est de voir cette histoire se dérouler sous ses yeux. Mais voilà l'instant redouté ! Les dernières pages ! M'accrochant au livre comme un alpiniste à sa corde, j'essaye de lutter pour que ces fabuleuses légendes continuent à vivre. Point final. D'un seul coup, la nuit m'entoure de ses voiles. La lumière de la lampe ne peut résister, mon réveil va aussi céder. Il est vingt-trois heures ! A contrecoeur, je me résous à fermer cette porte sur un monde qui me tendait les bras, ce monde parallèle contenu dans ces milliers de lettres. Je m'endors. Par chance, le sommeil présente de nombreux rêves, ce qui permet au spectacle de continuer. Demain, je prendrai un autre livre, car j'ai besoin de ma drogue littéraire, comme un toxicomane a besoin de son héroïne, et j'espère qu'il sera plus facile à refermer.

2ème Prix : Joie nocturne
J’aime me réveiller au milieu de la nuit, quand la maison est endormie. J’aime me lever, ouvrir la fenêtre et m’asseoir sur le rebord, respirer à grands coups l’air frais de la nuit, avoir des frissons. Sentir les gouttes de pluie sur mon visage, sur mes cheveux. Et là, sourire, se laisser aller, ne plus s’arrêter de penser. Rester ainsi immobile durant de longs moments, fixer des yeux quelque chose qu’on ne voit pas dans l’obscurité de la nuit. Etre attentive aux moindres  bruits, écouter le vent dans les branches, écouter le silence. Ne penser qu’aux choses positives de la vie, aux moments heureux passés, tout simplement être heureuse. Réfléchir à l’avenir, se remémorer le passé, vivre pleinement le présent. Penser aux gens qu’on aime le plus. Une fois vidée, remplir une dernière fois ses poumons d’air frais, refermer la fenêtre, et se recoucher. Ne plus penser à rien, tomber rapidement dans le sommeil, heureuse.

3ème Prix : Pluie
Lentement, quelques gouttes ruissellent le long des feuilles d’un saule, près de ma fenêtre, parant les frondaisons de cet arbre si triste d’éclats émeraude. Dans la bruine matinale, je me languis devant ma fenêtre ouverte. Un doux chuchotis se fait entendre, s’arrête, puis reprend, plus intense. Caresse de vent, frôlement de pluie. Les quelques paillettes d’eau font doucement place à des perles, plus nombreuses, qui vont rouler sur les brins d’herbe, se réunissant pour n’en former qu’une, petites flaques miroitantes. Le ciel s’éclaircit doucement, les nuages argentés laissent, à contrecoeur, paraître la voûte céleste, teintée de pourpre par l’astre solaire qui continue son ascension. Alors, tout explose. Les rayons de soleil, attirés par les bijoux qu’a revêtus Dame Nature, se reflètent et ricochent d’un diamant à l’autre, se croisent, continuent leur course jusqu’à rester, scintillants, prisonniers d’un rameau. La moindre parcelle brille de mille feux, et je ne peux plus me mouvoir, paralysée par ce spectacle féérique. Pourtant fragile et éphémère.

4ème Prix : Une pianiste en hiver
Cela doit bien faire une heure que la neige ne cesse de tomber. Une heure que les oiseaux sont frigorifiés, une heure que la circulation est bloquée. Une heure que le chauffage est allumé. J'aime l'hiver mais surtout j'aime jouer du piano lorsqu'il neige dehors. Je m'installe sur mon tabouret sans quitter la fenêtre, je tends l'oreille, j'entends les crépitements du feu de cheminée, j'entends le vent qui effleure la maison. Je suis pieds nus sur le carrelage glacé, des frissons me parcourent le corps. Mes doigts se posent délicatement sur les touches encore endormies. Je n'ai toujours pas détourné mon regard de la fenêtre, cette fenêtre qui me coupe d'un autre monde. Ca y est, je ferme mes yeux, tous mes sens sont actifs. Le monde actuel s'efface petit à petit. Je pose un de mes pieds sur une pédale. Mes doigts parcourent le piano, la mélodie commence à se répandre dans la pièce. Mon corps se réchauffe comme celui du piano. Nous ne faisons plus qu'un. J'oublie le froid, les flocons, la cheminée ; le piano me possède. Je ne suis plus qu'un pantin qu'on aide à revivre. Je n'ai toujours pas ouvert les yeux, et je ne les ouvrirai pas. J'aime jouer du piano les après-midi de grand froid ; je ne vis plus que pour ça. C'est mon petit plaisir à moi.

5ème Prix : Un repos amplement mérité
Mon plus grand plaisir étant bien sûr de vivre, le choix m’est cornélien. Mais s’il y a bien une chose dont je ne pourrais me passer, aussi futile soit-elle, c’est ma grasse matinée le dimanche matin. Peu original en somme, mais le fait de se réveiller en ayant passé une nuit idyllique et sans savoir ce que l’on va faire de sa journée est un plaisir indescriptible. Pourvoir se dire que l’on va vivre au jour le jour est un sentiment qui m’est indispensable, tant il est exaltant.Sentir le soleil me caresser le visage ne peut que me réveiller dans la bonne humeur. Les dimanches ne sont malheureusement que peu présents dans notre vie et cette rareté fait que j’exulte tous les samedis soirs, sachant l’excellente journée que je vais passer le lendemain. Vous pourrez trouver cela superficiel de n’avoir pour plaisir que de dormir. Je vous rassure, comme tout adolescent normalement constitué, ma vie, quoique bien ennuyeuse pour la plupart des adultes, est attrayante à un point où, quand j’ai lu ce sujet, je ne sus pas quel plaisir choisir, tant ils étaient nombreux ! Mais ce sommeil réparateur que j’idolâtre a malheureusement toutes ses chances de disparaître en même temps que mon adolescence. C’est pourquoi j’en profite un maximum et c’est principalement pour cette raison que je choisis ce thème. Car qui n’est pas heureux de pouvoir dire : «  Demain, je dors jusqu’à n’en plus pouvoir et je passe une journée que j’organise à ma façon. » ?

6ème Prix : Les bonheurs les plus simples
Un écouteur dans chaque oreille à regarder les gens passer, je reste seule, assise sur mon petit banc. Sur mon banc, dans le parc où je vois défiler les gens et les saisons. Le printemps frais, les étés brûlants, les automnes pluvieux et les hivers glacials. Je griffonne sur mon carnet ce qui me passe par la tête en oubliant tous mes soucis que je laisse à l’entrée du parc. Je vois des parents courir derrière des enfants, des vieillards, nostalgiques, s’asseoir sur d’autres bancs, tant de visages et d’émotions... Certains me regardent parfois, se demandant sûrement ce que je fais là, ou peut-être en imaginant ce que je peux bien écrire. Je réponds simplement à leurs regards par un sourire poli et je replonge dans mes pensées. Parfois, je ferme les yeux, à écouter le silence et le vent et je sursaute quand une main se pose sur mon épaule. Un ami ou de la famille qui vient me saluer et qui s’assoit avec moi sur mon banc. Au-delà des champs, je regarde le soleil se coucher, es ayons qui disparaissent derrière les collines et la nuit qui tombe sur le parc. Je me retrouve à nouveau seule à me rendre compte que cela fait déjà quelques heures que je suis là sans rien faire. Mon téléphone sonne, c’est mon père qui me dit de rentrer à la maison parce qu’il va bientôt faire noir. Je me lève et pars du banc, récupérant mes soucis à la sortie du par cet reprenant ma vie comme si elle s’était arrêtée un moment. On dit que les bonheurs de la vie sont souvent les plus simples et si le bonheur se touche, j’ai dû le frôler quelquefois à rester sur mon banc public et ne rien faire pour une fois...

7ème Prix : La pelouse familiale
Tous les dimanches, je me rends chez mes grands-parents, de sympathiques retraités. Ils possèdent un magnifique jardin parsemé de roses et de lilas. Peu après les déjeuner, les convives se rendent sous le magnifique oranger dominant la cour centrale. Ses fruits sont les plus juteux que l’on ait pu déguster. Le long d’un antique muret sont disposés d’innombrables cerisiers clairsemés dans un ordre magique. Non loin se trouve un haut mirabellier, la fierté de mes aïeuls depuis de nombreux siècles. A proximité du bel oranger se découvre un charmant potager composé de multiples laitues, plants de rhubarbe, choux-fleurs... En cette journée très souvent ensoleillée, je dispose tout mon être sur la douce pelouse exposée au haut firmament. Plongé dans la béatitude, je m’éloigne au loin dans les cieux, émerveillé par l’extraordinaire sensation irradiant chaque être qui, par mégarde, foule le léger gazon. Là-bas, chaque saison est un nouveau moment exquis donnant naissance à de succulents arômes ; l’hiver est en sapins, le printemps en muguets, l’été en fleurs de roses où l’automne reflète naturelle fragrance, l’amertume feuille de pin séchée.

8ème Prix : Le jardin des saveurs
Imaginez-vous un petit matin frais et ensoleillé au beau milieu du mois de mai. Les oiseaux chantent, la maman rouge-gorge serre dans son bec de quoi nourrir ses protégés qui sommeillent encore dans leur nid de mousse et de brindilles. Trois abeilles et un bourdon se dégagent doucement des pivoines fuchsias toutes en fleurs, tandis qu’une nuée de papillons roses vient se déposer délicatement sur les branches du lilas blanc. Imaginez-vous ce jardin recouvert d’une herbe tendre, d’un vert éclatant, nappée de gouttelettes de la rosée encore fraîche, ruisselant jusqu’à la terre humide.  Le soleil brille comme jamais, se reflète sur le gazon et sur les roses jaunes, les rendant plus éclatantes les unes que les autres. Ca y est, c’est le moment, ce moment, le moment que vous ne pouvez attendre, celui qui fera de cette journée la meilleure qui soit. Vous ouvrez d’un petit coup sec et contrôlé la porte vitrée de l’entrée, les yeux fermés, laissant le parfum délicat du jardin des saveurs vous caresser les narines, vous embaumer vers un autre monde. Vous souriez niaisement, les paupières closes. Puis arrive l’instant où vous ouvrez les yeux entièrement, vous ouvrez cette fois la porte en grand, la brise fraîche vous caresse les pommettes, vous embrasse le cou et agite vos cheveux dans le vent, les gazouillis des oiseaux doublent ce volume, le rouge-gorge vous effleure la peau, un papillon se pose sur le petit muret à côté de vous. Vous observez cette nature, émerveillé, vous êtes seul au monde, rien ne vaut à vos yeux ce moment de bonheur intense. Vous êtes heureux, souriant, et cela jusqu’à la fin de cette somptueuse journée qui s’annonce aussi colorée que parfumée.

9ème Prix : Boisson chaude et bonheur par temps de pluie
Lorsque la pluie tombe à grosses gouttes au dehors, lorsque même les grenouilles n’osent se montrer, toi, bien au chaud, tu les entends croasser, tu la regardes tomber. Une boisson chaude au creux de tes mains, sa flaveur se perd en toi, et tu chéris ce moment, tu le savoures minutieusement. Au fond de ton lit et de tes pensées, tu observes cette pluie. Et pourtant, elle tombe encore, dévastant les jardins, les prés... Mais tu ris de bonheur : cette maligne ne t’atteindra jamais. Quelle bécasse ! D’utilité elle est totalement dénuée. Le petit instant de gloire, de supériorité, tu souhaiterais qu’il dure encore et encore : la tasse que tu tiens, l’oreiller contre lequel tu es appuyée, les draps qui entourent chaque parcelle de ton corps, ce moment est divin. Le silence n’est troublé que par son bruit, elle essaye de t’avoir, de t’envahir d’anxiété, mais intérieurement tu le sais, elle ne peut rien : tu es comme immunisée. Boisson chaude et oreiller, voilà ton secret ! Doucement et paisiblement, tu sombres dans les trépas de l’inconscient : son cri devient une mélodie. Tu voudrais que ces secondes, ces heures soient éternelles, hélas tu le sais: pluie, bonheur et chaleur sont des termes éphémères. Tu t’endors pourtant un sourire sur les lèvres, car tu sais que rien ne peut empêcher, un moment si parfait.

10ème Prix : Une belle fin de journée
Lorsque la sonnerie retentit, annonçant la fin d’une bien longue journée, soudain je me sens soulagée. Je me dirige vers mon arrêt, pour prendre ce car qui me mènera vers mon petit quartier. Mais tout d’abord, le bus vient le chercher, lui, et des amis. Il entre, et soudain, je me sens rassurée. Il s’assoit tout près de moi, me serre dans ses grands bras, m’écoute, me réconforte et tout à coup, il devient le rayon de soleil de cette journée enfin terminée. Il m’aide à y voir plus clair, grâce à sa lucidité. Et je me dis parfois : c’est fou comme on peut aimer ! Une fois arrivés, il me prend la main et on marche doucement vers notre petit lotissement. Se racontant ce qui a pu nous émouvoir, ou bien nous énerver, on s’écoute chacun avec le plus grand respect. Quand vient l’heure de se quitter, une petite pointe d’amertume apparaît, même si l’on sait qu’on se retrouvera le lendemain matin pour se raconter nos plus beaux songes, ou même avant, même si c’est virtuellement. Il est mon rayon de soleil, il est ce carré de chocolat que l’on croque quand on va mal, il est tout pour moi, il est ce petit plaisir que la vie met du temps à offrir, mais surtout, que l’on se doit de ne pas laisser partir.